Une commune fortifiée
L’oeuvre des Comtes Taillefer et Lusignan aux XIIe et XIIIe siècles.
L’Angoulême médiévale était ceinturée de hauts remparts avec de puissantes tours et dotée de portes monumentales fortifiées.
La première trace des remparts remontait au Bas Empire ( IVe et Ve siècles ) . Il fallait alors se prémunir contre les envahisseurs « Barbares » . Les temples publics ornés de chapiteaux sculptés servirent à construire de hautes murailles. Cette première enceinte s’étendait sur une grande partie du plateau nord de la ville.
A partir du XIIe siècle les premiers remparts furent progressivement reconstruits par les comtes Taillefer. L’heure était à la féodalité et à une sorte d’indépendance politique.
La prospérité économique attirait les populations des campagnes vers les villes. Les franchises, commune et libertés commerciales concédées par le roi d’Angleterre contribuèrent au developpement de la cité-forteresse. « L’air de la ville rendait libre » et ses habitants privilégiés devaient y être protégés de toute intrusion extérieure.
Au XIIIe siècle, la commune était encore toute récente lorsque les époux Lusignan ( la reine Isabelle et son deuxième mari ) décidèrent de poursuivre le plan de fortification et d’englober la partie sud du plateau ( quartier de la Préfecture aujourd’hui ) dans les murs.
A cette même époque, les bases d’un vaste château neuf étaient posées et une forteresse royale « le Châtelet » construite, à proximité, à la demande du roi Saint-Louis pour surveiller une lignée de féodaux trop avide de liberté.
A la fin du XIIIe siècle les derniers Lusignan, Comtes d’Angoulême, achevèrent de ceinturer la ville en englobant le fauxbourg Saint-Martial intra muros.
C’est la commune d’Angoulême qui se chargea de l’entretien des trois kilométres de murailles. Les maires y firent graver leurs armes et leurs noms au fur et à mesure des perfectionnements apportés dans les murs à cause de l’évolution de l’architecture défensive.
Les remparts, protecteurs des citoyens d’Angoulême, demeurent l’emblème le plus vénérable de la Commune.