Chaque année, au printemps, c’est la même chose : l’herbe repousse. À croire qu’elle le fait exprès… Pendant des années, on a cru trouver la parade : un bon traitement à coups de désherbant chimique et on n’en parlait plus. Et pendant des années, on a inondé ces dangereuses herbes de produits phytosanitaires (sanitaires ?) dont la plus grande vertu était de disparaître du regard, et les plus gros défauts étaient juste d’imbiber en continu nos sols et nos cours d’eau, d’empoisonner la chaîne alimentaire et de nécessiter un retraitement coûteux en aval. Et de priver tout un tas de bestioles de nourriture et d’habitat, au risque de rompre des équilibres naturels nécessaires !

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L’époque n’est plus à ce traitement chimique de la végétation

La prise en compte de la biodiversité comme une richesse à préserver doit modifier notre regard et nos pratiques de jardinage C’est dans ce sens qu’Angoulême a mis en place la « gestion différenciée des espaces verts ». Pratiquée dans nombre d’agglomérations, elle consiste à traiter de manière raisonnée les différents espaces verts en fonction de leur usage. « Appliquer de manière indifférenciée des désherbants et des pesticides sur l’ensemble des trottoirs de la ville, a plus d’inconvénients en terme environnemental que d’avantages à court terme », explique Didier Rippe, responsable du service Espaces verts.

« Il faut absolument cesser de considérer que l’herbe en ville est quelque chose de sale . Ce qui est vraiment sale, ce sont les produits chimiques utilisés pendant des années pour les faire disparaître. »

– 328 hectares La ville est propriétaire de 328 hectares d’espaces verts, regroupant espaces naturels, espaces de loisirs, espaces sportifs et d’accompagnement du patrimoine bâti (le jardin de l’Hôtel de Ville par exemple).

Jardiner sans produits chimiques 

Selon les espaces et leur fréquentation, différentes techniques sont utilisées : arrachage,fauchage, tonte, binage, brûlage… Enfin, parce que cet engagement citoyen est l’affaire de tous, rappelons que les propriétaires ont l’obligation de désherber devant chez eux et que c’est le plus souvent une opération simple, qui peut se faire à la main, sans utilisation de produit d’aucune nature !

Angoulême adhère à la charte Terre saine

Cette charte régionale propose une démarche d’excellence environnementale pour concevoir et entretenir les espaces publics en diminuant et en supprimant les pesticides. La ville d’Angoulême a souhaité s’inscrire dans cette démarche de réduction significative de l’utilisation de ces produits. Cet engagement se traduit par des actions de formation des agents, d’information de la population, d’études sur les milieux naturels et par la mise en place de la gestion différenciée des espaces verts. Capture_d_ecran_2010-03-23_a_15-27-49

+ d’infos sur le sujet : Charente Nature Centre Hélène Bouché Impasse Lautrette 16000 ANGOULÊME Tél. : 05 45 91 89 70

Sur notre balcon ou dans notre jardin, on peut également bichonner nos plantations sainement, sans utiliser de produits phytosanitaires superflus, qui finissent dans la nappe phréatique… tout en limitant nos déplacements à la déchetterie. Des gestes simples suffisent. Patrice Michaud, responsable des serres municipales, nous en donne un exemple de saison

Que faire en mars dans les jardins ?

C’est le moment de tailler les arbres fruitiers et les arbres d’ornement. À l’aide d’un petit broyeur, l’idéal est alors de broyer ces tailles, auxquelles on peut ajouter les feuilles mortes, et de disposer ensuite le broyat obtenu au pied des arbres préalablement nettoyés des mauvaises herbes. C’est ce que l’on appelle la technique du paillage.

À quoi cela sert-il ?

Le recyclage de la matière végétale produite dans les jardins a de nombreux avantages : on évite les allers-retours encombrants à la déchetterie. Ensuite, l’apport de broyat au pied des arbres, en retenant l’humidité, permettra de réaliser des économies d’eau à la période estivale. La décomposition lente du broyat permettra enfin un apport naturel de matières organiques nécessaires à la vie des nombreux micro-organismes utiles à la vie du sol et des plantes qui s’y développent.

On peut utiliser du compost ?

Pour les fruitiers et les arbres d’ornement, il vaut mieux privilégier le broyat de branchage et réserver le compost pour amender le sol des massifs de fleurs ou du potager.

Un jardin sans mauvaises herbes… et sans désherbant

Quels gestes limitent l’apparition des mauvaises herbes ?

Une mauvaise herbe est une plante qui pousse où l’on ne souhaite pas. Pour limiter la pousse de ces indésirables, il faut nettoyer ses parcelles de culture dés l’automne en enlevant les restes de végétaux et mauvaises herbes, qui peuvent être mis sur le tas de compost. Bêcher ou labourer permet également de laisser son terrain propre tout l’hiver.

Que faire aux beaux jours ?

Les allées peuvent être entretenues à la binette ou à la débroussailleuse périodiquement de manière à éviter la montée à graine. L’utilisation de désherbant est fortement déconseillée dans toutes les zones à proximité des points d’eau (cours d’eau, puits, réserve d’eau) mais également sur le terrain de culture lui-même.

Un autre conseil de saison ?

Il faut anticiper l’été à venir et penser dès maintenant à constituer ses réserves d’eau en collectant l’eau de pluie…

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