Henri ThebaultNé en 1921 dans le Morbihan, à Mauron, Henri Thebault est le fils d’un ancien combattant de 14-18, artisan chaisier et d’une mère tailleuse. Cette origine modeste explique la préoccupation qu’il manifestera en permanence pour les questions sociales. Mais l’éducation catholique traditionnelle qu’il reçoit l’amènera à se positionner constamment à droite de l’échiquier politique. Ainsi, il effectue ses études secondaires chez les Frères du petit séminaire de Poermel et milite à la JAC de 1937 à 1940.

A la sortie de l’école, il envisage le séminaire pour finalement intégrer l’enseignement libre auquel il restera toujours fidèle et dont la défense est à la base de son engagement politique. Il commence à enseigner à Taupont, dans le Morbihan. C’est sur les conseils du curé de Mauron qu’Henri Thébault rejoint en 1941 l’école Saint-Joseph d’Angoulême. Il y est d’abord surveillant, puis enseignant après 1942.

Sa carrière politique commence avec son adhésion au MRP. Il se présente aux élections cantonales d’octobre 1945 dans le premier canton d’Angoulême où il est battu par le candidat communiste. En 1947, il rejoint le RPF et participe à la liste de coalition victorieuse à Angoulême lors des élections municipales de 1947. Il devient 5e adjoint de la nouvelle municipalité. Henri Thébault s’impose progressivement comme l’un des principaux animateurs du mouvement gaulliste en Charente. Ses qualités d’orateur et le soutien du haut clergé charentais dont il bénéficie expliquent son irrésistible ascension. Aux élections cantonales de 1949, il devient conseiller général du premier canton d’Angoulême en profitant du maintien au second tour de deux candidats de gauche. Au conseil général comme au conseil municipal d’Angoulême, il est la principale personnalité gaulliste.

Henri Thebault 2Comme d’autres, Henri Thébault est de plus en plus convaincu que la stratégie du RPF mène à une impasse. A l’automne 1951, il quitte alors le RPF. Il devient membre du comité directeur national et du bureau politique de l’ARS et, fort du soutien du clergé local, se lance dans le regroupement des modérés charentais. Il forme une fédération des indépendants d’Action Républicaine et Sociale qui se rattache au CNIP en 1954. Dans le même temps, il renforce sa position locale. Il est réélu conseiller municipal d’Angoulême en 1953 et occupe désormais le poste de deuxième adjoint. Il n’hésite pas à s’opposer sur des questions sociales au maire Baudrin et à se rapprocher des communistes. En 1955, son budget ayant été repoussé, Baudrin démissionne et Henri Thébault lui succède. La même année, il est réélu au conseil général. Il prend la tête aux élections de janvier de 1956 d’une liste qui associe CNIP et MRP et obtient 20,1 % des suffrages exprimés. Henri Thébault, à 34 ans, devient député-maire.

Lors de ces prises de position Henri Thébault revendique l’héritage d’anciens parlementaires charentais comme le député bonapartiste d’Ornano ou Déroulède, ce qui entraîne de vives réactions au sein du conseil municipal d’Angoulême. Il se retrouve de fait minoritaire et adresse sa démission au préfet qui refuse de donner suite. Le 1er octobre son budget est repoussé à l’occasion d’une séance houleuse marquée par des dérapages verbaux et des agressions physiques. Sa démission est acceptée le 1er décembre. Entre temps, il a perdu son siège de député. Candidat CNIP aux élections de novembre 1958, il arrive pourtant en tête au premier tour avec 28,2 % des suffrages exprimés. Au second tour, il affronte le député communiste sortant Pronteau et l’ancien député radical du Front Populaire, Réthoré qui se présente sous l’étiquette UNR. Ce dernier l’emporte avec 39,8 % contre 35,4 % à Henri Thébault. Durant les premières années de la Vème République, Henri Thébault semble devoir limiter son action à la mairie d’Angoulême qu’il retrouve dès les élections municipales de mars 1959. En 1961, il renonce à se représenter au conseil général. Lors des législatives de 1962 il est distancé dès le premier tour et décide alors de se désister pour Réthoré. Il obtient en 1965, dès le premier tour, un troisième mandat. Mais il décide de se retirer en 1970 au profit d’une nouvelle carrière politique en Bretagne, dans son village natal.

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En 1982, il abandonne ses mandats et retourne en Charente vivre chez sa sœur. Victime d’une hémiplégie, il meurt à l’hôpital d’Angoulême en 1986. Le journal local, la Charente Libre, écrivit à l’occasion de son décès, en 1986, qu’il était « l’homme politique le plus bouillant, le plus mouvant donc le plus contesté … depuis la Libération »…

Fiche biographique sur le site de l’Assemblée nationale

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