ALM : Angoulême et son festival de la BD viennent de défrayer la chronique. Il a même été question de menace sur la tenue du prochain festival. Qu’avez-vous à répondre aux Angoumoisins ?
Philippe Lavaud : Le Festival International de la Bande Dessinée aura lieu à Angoulême du 28 au 31 janvier 2010, comme prévu. La Ville s’est engagée comme les années précédentes pour une subvention de 1 million d’euros. C’est une somme extrêmement importante pour une commune de 43 000 habitants, si on la compare par exemple au million que nous investissons chaque année dans la réfection de nos rues… C’est une preuve suffisante de notre attachement à cette manifestation, créée il y a 36 ans par des passionnés de BD. Depuis, ce Festival est devenu le deuxième plus important « salon du livre » en France après Paris, notamment grâce au soutien des collectivités locales : ville, agglomération, département, région. Mais nous, à la Ville, nous apportons aussi du soutien technique et logistique. Par exemple, c’est le personnel municipal, auquel se joignent des intérimaires recrutés par la mairie, qui participe à l’installation des stands des éditeurs. Est-ce normal que l’argent public et donc les impôts des Angoumoisins soient utilisés à financer le montage de stands à vocation commerciale ? Nous ne le pensons pas. C’est là-dessus que nous avons demandé il y a plusieurs mois déjà aux organisateurs du festival de faire un effort afin que cette charge ne soit plus supportée par les contribuables d’Angoulême.
ALM : Alors pourquoi cette polémique à quelques semaines de la manifestation ?
Philippe Lavaud : Elle est le fait de la société organisatrice du Festival, et non de la mairie ou de l’association FIBD. Mais notre ville n’est pas riche, même si elle mène une politique culturelle extrêmement active au travers de ses 7 festivals. Connaissez-vous autour de nous des villes ou des agglomérations accueillant autant de manifestations ? Nous sommes très conscients qu’elles participent à l’attrait et à l’activité de tout le département. Mais en septembre dernier, nous avons appris qu’en 2010, il va manquer à la ville d’Angoulême 1,3 M€ de dotation de l’État par rapport à 2008. Quand les élus locaux dénoncent le désengagement de l’État, ce n’est pas en l’air, nous pouvons en effet le chiffrer, alors même que c’est à nous de financer les actions pour améliorer les conditions de vie de nos habitants, pour lutter contre les effets de la crise économique. Et c’est ce que nous faisons, mais pour cela nous devons accroître en parallèle notre vigilance sur nos dépenses. Nous le faisons en interne, dans le fonctionnement de nos services. Nous le faisons avec les associations, les clubs sportifs et les manifestations de notre territoire. Le FIBD n’échappe pas à la règle, c’est tout. En période de crise, tout le monde doit faire des efforts, tout le monde doit être solidaire.
ALM : Cela signifie quoi pour le Festival de la BD ?
Philippe Lavaud : Très clairement, nous explorons plusieurs pistes. Nous avons donc demandé à la Société 9e Art+, à qui l’association du Festival confie le soin de gérer l’événement, de rechercher toutes les économies possibles et d’autres partenariats privés. Nous travaillons aussi avec les autres collectivités territoriales pour aller vers un rééquilibrage des subventions. Je le rappelle, cette manifestation est un formidable étendard médiatique pour Angoulême, mais aussi un événement dont les retombées économiques et touristiques profitent à l’agglomération et à tout le département, voire à la région.
Je ne pense pas que ce soit en brandissant la menace d’une annulation du 37e Festival de la BD que nous pourrons trouver des solutions supportables pour les contribuables et efficaces pour la pérennité du festival. Nous y parviendrons en coopérant tous ensemble, car ces solutions sont indispensables !
Téléchargez ci-dessous le vœu adopté à l’unanimité lors du conseil municipal du 4 novembre par l’ensemble ces conseillers municipaux.

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